Le meilleur du cinéma de 2016

2016, comme toutes les années, m’a donné plusieurs claques cinématographiques et internationales : des Etats-Unis enneigés de Tarantino, au quotidien de la famille bagdadie d’Abbas Fahdel, à Paris sous les bombes anarchistes et révoltées de Bertrand Bonello. Qu’ils soient historiques, documentaires, comiques, dramatiques, ou de science fiction, la plupart de ces films sont intensément investis dans les problématiques contemporaines, intimes, ou mondiales. Car on ne s’engage pas qu’en politique, nul besoin de brandir une carte d’un parti pour réaliser un film. L’engagement n’est jamais loin quand on étudie les Hommes, leurs peurs et leurs rêves.

Voici un top 20 fait de coups de cœur, de surprises, de jeunes, de vieux, de nouveaux et d’habitués, avec à retenir de très beaux drames, une nouvelle perspective de science-fiction et de grands documentaires.

1- Les 8 salopards, de Quentin Tarantino.

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La pureté du paysage enneigé ne peut que suggérer la monstruosité du thriller de Tarantino. Voici comme toujours une présentation incisive de la société américaine, en grand large et avec une composition d’Ennio Morricone brillamment angoissante.

2- Nocturama, de Bertrand Bonello.

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Bertrand Bonello a subtilement traduit ce désir latent, ce qui nous démange au fond de nous, l’envie que tout pète. L’impuissance de la jeunesse face aux forces d’une République dont elle n’entend plus la voix est troublante. Ce groupe, symbole à la fois pudique et criant de la jeunesse actuelle, s’organise et réalise ce souhait, en espérant s’accomplir.

3- Homeland, Irak année zéro : Parties 1 & 2, d’Abbas Fahdel.

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Le bouleversant documentaire d’Abbas Fahdel, parti retrouver sa famille à Bagdad avant et après l’invasion américaine en Irak, nous fait partie de ce Top depuis sont visionnage. Emouvant et dépaysant, Homeland nous renvoie sur les rives du Tigre au cœur géographique et philosophique de l’humanité. Critique à lire par ici !

4- Midnight Special, de Jeff Nichols.

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Rares sont les films qui me laissent autant sans voix et avec l’envie de les revoir immédiatement. Bouleversant mais apaisant tel un conte pour enfant, le film de Jeff Nichols sublime l’amour parental et le pousse au-delà de toute compréhension, vers la foi. Critique à lire par ici !

5- Voyage à travers le cinéma français, de Bertrand Tavernier.

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Une ode au cinéma français, une histoire de grands films qui ont été populaires, et qui sont maintenant des classiques, et de ceux qui les ont faits, ces cinéastes qui ont formé celui qui raconte cette histoire, le plus grand amoureux du 7ème art. « Nous sommes des enfants de la libération, de la guerre et de la Cinémathèque. »

6- Premier contact, de Denis Villeneuve.

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Quand Denis Villeneuve s’attaque à la science-fiction, l’humain et ses facultés en sont exacerbés. Un film pacifiste qui donne a dialogue avec l’Autre une importance capitale. Mention spéciale à la fantastique Amy Adams.

7- Julieta, de Pedro Almodovar.

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Almodovar nous livre le plus beau drame de cette année, rempli d’amour, de perte et de désespoir, dans une fresque de toute une vie, l’histoire d’une jeune femme à celle d’une mère abandonnée. Les non-dits finissent toujours par éclater en beauté chez le réalisateur espagnol.

8- Saint Amour, de Benoît Delépine et Gustave Kervern.

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Une route des vins sinistre au salon de l’agriculture qui se transforme en voyage initiatique au rythme des codalies pour retrouver un Benoît Poolevorde émouvant, un Gérard Depardieu comme on l’aime et un Vincent Lacoste de plus en plus étonnant quand il prend la peine de choisir ses rôles.

9- Elle, de Paul Verhoeven.

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Voilà un thriller oú la victime n’est pas si innocente, un rôle féminin savamment  écrit et parfait pour Isabelle Hupert, à la fois malmenée et dominante dans un univers si masculin. Une production française réussie pour Paul Verhoeven.

10- Manchester by the sea, de Kennet Lonergan.

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Le prix du meilleur mélodrame classique américain est décerné à Manchester by the sea, avalanche de malheur et de responsabilité mais à la justesse infinie dans une Amérique qui n’oublie jamais le sort des autres. Le premier rôle est superbement soutenu par un Casey Affleck, bourru et tendrement incivil.

11- Au fin fond de la fournaise, de Werner Herzog.

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On savait que les volcans fascinaient Herzog, il fait donc le tour des quelques cratères ouverts qui existent au monde, Into the Inferno (de son titre original)… Un voyage scientifique et spirituel au plus proche de la vie terrestre.

12- Everybody Wants Some !!, de Richard Linklater.

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Une virée rafraîchissante, émouvante et pleine d’humour sur un campus américain des 80’s, entre nostalgie et bons souvenirs. Ce qui pourrait être un MTV movie est, avec Linklater, un beau portrait de jeunesse, avec les délires aux substances, et les premiers amours. Et quand la cloque de la rentrée universitaire sonnent, cut. La suite au prochain épisode ?

13- Jodorowsky’s Dune, de Frank Pavich.

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Retour sur l’aventure démentielle entreprise par Alejandro Jodorowsky pour l’adaptation du roman-monde Dune. A travers des intervenants d’exception ainsi qu’un montage à toute allure et des reconstitutions impressionnantes, Frank Pavich nous renvoie dans la folie des années 70.

14- Steve Jobs, de Danny Boyle.

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Avec ce portrait fascinant d’un homme détestable et idôlatré – incapable de faire tourner une vis, de programmer ou de designer un ordinateur et qui a pourtant reçu toute la gloire – Boyle s’émancipe du format classique du biopic, et Michael Fassbender transcende le génie tyrannique. Mention spéciale pour la trop rare Kate Winslet.

15- La Tortue rouge, de Michael Dudok de Wit.

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Muet mais excellemment sonorisé, ce récit d’un naufragé prisonnier d’une île qui refuse de le laisser partir est d’une délicatesse et d’une beauté rarement vues. Le conte de Michael Dudok de Wit révèle une harmonie artistique française, belge et nippone, et relève finalement de l’universel.

16- Café Society, de Woody Allen.

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Le Woody Allen annuel se trouve cette fois-ci dans le top 20 avec les espérances et les désillusions des jeunes qui rêvent d’Hollywood et s’épanouissent finalement à New York où les magouilles les rattrapent. Drôle et élégant comme toujours, Woody Allen sublime Kirsten Stewart, réussit à rendre Jesse Eisenberg moins désagréable et nous livre un beau portrait des années 30, comme on les aime !

17- Frantz, de François Ozon.

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En plein centenaire de la Grande guerre, François Ozon tisse avec ce qui a été le plus grand drame de cette guerre, une détestation de soi cachée sous une haine de l’autre, car des jeunes ont tué d’autres jeunes sous les ordres des vieux. Une histoire poignante de mensonges protecteurs sous un jeu du noir et blanc à la couleur, si peu subtil et pourtant si délicat.

18- Paterson, de Jim Jarmusch.

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La ville de Paterson encadre la vie régulière du chauffeur de bus du même nom créant un quotidien qui paraît trop linéaire, mais dont la poésie d’une boîte d’allumettes à celle du paysage industriel rend heureux. Jim Jarmusch magnifie le quotidien à l’instar des poètes américains de Thoreau à Allen Ginsberg. Délice de la fin d’année qui donne envie d’écrire !

19- Les Saisons, de Jacques Perrin.

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Bien plus qu’un documentaire animalier, Les Saisons voyage à travers la relation de l’Homme à la nature de l’âge de glace à la « nouvelle alliance ». A l’instar de cette réunion de la nature et de la culture, la mise en scène de Jacques Perrin alterne entre sauvage, domestique, et reconstitutions, avec un montage assuré et engagé. Un bel essai écologiste, en plus d’être formellement d’une grande richesse.

20- Mr. Holmes, de Bill Condon.

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Un Sherlock Holmes vieux et retiré au bord de la mer combat contre sa mémoire défaillante pour lutter contre son histoire romancée par le bon docteur Watson. Un beau film sur la vieillesse et l’héritage personnel et patrimonial, qui donne en plus envie d’être apiculteur !

Voici ce Top 20 achevé ! Bien sûr, et comme chaque année, il en manque énormément, ça fera des films à rattraper en 2017. Pour voir la suite, car il reste des dizaines de films qui m’ont marquée (en bien comme en mal), voici le lien vers la liste complète sur Senscritique.

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